Le GR20 traversé en un temps record : l’ultra-trail redéfinit ses limites
Un exploit vient de bousculer le petit monde de la course en montagne. En reliant Calenzana à Conca sur le mythique GR20, l’ultra-traileur savoyard Aurélien Dunand-Pallaz a établi un nouveau temps de référence sur l’un des sentiers les plus exigeants d’Europe : 27 heures et 29 minutes pour parcourir l’intégralité du tracé corse, soit environ 160 kilomètres et 12 180 mètres de dénivelé positif.
Un temps de référence amélioré de plus de deux heures
Parti de Calenzana le jeudi matin, le coureur de 33 ans, originaire d’Annecy, a rallié Conca le lendemain, améliorant de plus de deux heures la précédente meilleure marque, établie en juillet par François D’Haene en 29 heures et 46 minutes. Sur la portion nord du parcours, réputée la plus technique, Dunand-Pallaz avait déjà pris une avance confortable dès les premières heures — un pari sur le rythme qui s’est révélé payant jusqu’à l’arrivée.
Vainqueur de la Diagonale des Fous en 2023 et de la Hardrock 100 aux États-Unis, l’athlète n’en est pas à son premier fait d’armes sur très longue distance. Pour cette tentative, il s’est appuyé sur plusieurs pacers de haut niveau, dont Arthur Joyeux-Bouillon et Théo Détienne, qui se sont relayés pour l’accompagner sur différentes portions du tracé — une organisation logistique désormais quasi systématique pour ce type de tentative chronométrée, que les spécialistes appellent FKT (Fastest Known Time, « temps le plus rapide connu »).
Pourquoi ces tentatives se multiplient
Le phénomène ne se limite pas au GR20 : il s’inscrit dans un engouement plus large pour l’ultra-trail, dont la pratique séduit un public toujours plus large, bien au-delà de l’élite. Plusieurs facteurs expliquent cette accélération :
- La démocratisation du suivi GPS en temps réel, qui permet désormais au public de suivre une tentative minute par minute ;
- Le développement de plans d’entraînement spécifiques à l’ultra-endurance, aujourd’hui accessibles à des coureurs amateurs motivés ;
- Une meilleure connaissance de la nutrition et de l’hydratation sur des efforts dépassant vingt-quatre heures ;
- La visibilité offerte par les réseaux sociaux et la presse spécialisée à ce type de performance, qui inspire de nouvelles vocations.
Cet engouement général pour le dépassement de soi n’est d’ailleurs pas propre au trail : l’actualité sportive récente a aussi vu un robot humanoïde tenter de s’approcher du temps de référence d’Usain Bolt sur 100 mètres, preuve que la notion de record continue de fasciner sous toutes ses formes.
Un contraste utile pour les randonneurs du quotidien
Pour la grande majorité des randonneurs, le GR20 se parcourt en une quinzaine de jours, étape par étape, avec des nuits en refuge. Le contraste avec les 27 heures et 29 minutes de Dunand-Pallaz illustre moins l’accessibilité de l’exploit que la marge qui sépare la pratique de loisir de la performance élite — un rappel utile alors que de plus en plus de pratiquants s’essaient au trail sans toujours mesurer les risques d’un terrain aussi accidenté, surtout par forte chaleur ou lorsque les conditions de sécheresse fragilisent déjà les terrains de pratique amateurs ailleurs en France.
Cette dynamique autour de l’activité physique dépasse aussi le seul cercle des sportifs confirmés : elle irrigue jusqu’aux plus jeunes, avec par exemple l’instauration de deux heures de sport supplémentaires au collège dès cette rentrée. Reste que la performance a un prix : les entraîneurs rappellent qu’un effort d’une telle intensité ne se prépare pas sans une récupération et un sommeil de qualité, souvent négligés par les pratiquants amateurs pressés de progresser.
Le nouveau temps de référence du GR20 s’ajoute ainsi à une série de performances qui, cet automne, remettent en question ce que l’on pensait connaître des limites humaines sur très longue distance — et qui pourraient, à leur tour, être battues dans les prochains mois par un autre prétendant.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un FKT (Fastest Known Time) ?
Il s’agit d’une tentative chronométrée sur un itinéraire existant — ici le GR20 — sans compétition officielle organisée. Le temps est validé grâce au suivi GPS, à des témoins et, souvent, à l’homologation d’une fédération ou d’une ligue locale.
Le GR20 est-il accessible aux randonneurs amateurs ?
Oui, mais dans un format très différent : la majorité des marcheurs le parcourent en dix à quinze jours, par étapes, avec des nuits en refuge. La version « record » réalisée en un peu plus d’une journée reste réservée à des athlètes ultra-entraînés et accompagnés.
Pourquoi le record précédent datait-il seulement de juillet ?
François D’Haene avait été le premier à passer sous la barre des trente heures sur l’intégralité du tracé cet été. Ce nouveau temps confirme que la discipline progresse vite, portée par une génération de traileurs de plus en plus spécialisés sur ce type de tentative.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
