Installation industrielle de captage du carbone avec tuyaux et infrastructures

Captage et stockage du CO2 : la stratégie industrielle française prend forme

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La France structure enfin sa filière de captage et stockage du CO2 (CCUS, pour Carbon Capture, Utilisation and Storage), une technologie longtemps restée au stade expérimental et désormais intégrée aux stratégies de décarbonation industrielle. Un premier comité de pilotage national dédié à ce chantier s’est réuni début 2026 dans l’Isère, réunissant industriels, pouvoirs publics et financeurs autour d’un objectif commun : faire passer cette filière du laboratoire à l’échelle industrielle.

Un objectif assumé : 4 à 8 millions de tonnes captées par an

La feuille de route française vise à capter entre 4 et 8 millions de tonnes de CO2 par an d’ici 2030, principalement sur les grands sites industriels les plus émetteurs. Les zones portuaires de Dunkerque, du Havre et de Fos-sur-Mer figurent parmi les premières concernées, aux côtés de l’axe rhodanien. Ces bassins concentrent aciéries, cimenteries et raffineries, secteurs pour lesquels la capture du carbone reste, en l’état des technologies disponibles, l’une des rares voies de décarbonation profonde.

  • Objectif national : 4 à 8 Mt de CO2 captées par an d’ici 2030
  • Quatre projets industriels lauréats d’un appel à projets dédié, pour environ 3,36 Mt/an visées à l’horizon 2035
  • Zones prioritaires : grands ports industriels et bassins fortement émetteurs

Des projets pilotes déjà en fonctionnement

Sur le terrain, plusieurs démonstrateurs tournent déjà. À Dunkerque, un pilote installé sur une aciérie capture environ 4 000 tonnes de CO2 par an depuis 2022 ; l’exploitant vise un passage à l’échelle industrielle pour approcher le million de tonnes captées annuellement. En Occitanie, une cimenterie a été retenue pour un projet de captage financé en partie par le Fonds européen pour l’innovation, avec un objectif de 700 000 tonnes de CO2 captées chaque année. Ces initiatives illustrent le changement d’échelle recherché par la filière, jusqu’ici cantonnée à des essais de faible ampleur.

Le défi du stockage : la France dépendante de ses voisins

Capturer le CO2 ne suffit pas : il faut ensuite le stocker durablement, sous forme géologique, ou le valoriser dans des usages industriels. Or la France ne dispose à ce jour d’aucun site de stockage géologique opérationnel à grande échelle sur son territoire. Le carbone capté doit donc, pour l’instant, être exporté vers des formations géologiques profondes situées en mer du Nord, notamment au large de la Norvège, où la capacité de stockage est jugée considérable. Un dispositif public a été lancé en 2026 pour financer l’acquisition de nouvelles données géologiques et des essais d’injection réels, afin de déterminer si le sous-sol français peut, à terme, accueillir ses propres capacités de stockage plutôt que de dépendre d’infrastructures étrangères.

Cette dépendance illustre les limites actuelles d’une filière encore jeune : entre coûts élevés, infrastructures de transport à construire (canalisations, terminaux portuaires) et incertitudes sur le potentiel réel du sous-sol national, la trajectoire 2030 reste ambitieuse. Elle s’inscrit toutefois dans une logique plus large de décarbonation de l’industrie et de compétitivité des sites français, à l’heure où les exigences européennes sur le climat se renforcent et où les choix technologiques d’aujourd’hui engagent le financement industriel des deux prochaines décennies.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CCUS ?

Le sigle CCUS désigne l’ensemble des technologies de captage, d’utilisation et de stockage du carbone : elles permettent de récupérer le CO2 émis par un site industriel avant qu’il ne parte dans l’atmosphère, puis de le stocker sous terre ou de le réutiliser dans d’autres procédés industriels.

Pourquoi la France mise-t-elle sur cette technologie ?

Certains secteurs industriels, comme la sidérurgie ou la cimenterie, ont des émissions de CO2 difficiles à éliminer par la seule sobriété énergétique ou l’électrification. Le captage du carbone est considéré comme un complément nécessaire pour atteindre les objectifs de décarbonation sur ces sites.

Où le carbone capté en France est-il stocké ?

En l’absence de site de stockage géologique opérationnel sur le territoire national, le CO2 capté est aujourd’hui destiné à être exporté vers des formations géologiques en mer du Nord, en particulier au large de la Norvège, en attendant que des capacités françaises soient éventuellement validées.

Sources

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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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