Apprentissage en France : pourquoi les contrats reculent après dix ans de hausse
L’apprentissage change de visage en France. Après une décennie de croissance quasi ininterrompue, les contrats d’apprentissage reculent pour la première fois depuis dix ans, selon les chiffres définitifs publiés par la Dares. Un tournant qui interroge autant les familles que les entreprises, à l’heure où les aides à l'embauche se resserrent.
Une première baisse en dix ans
846 700 contrats d’apprentissage ont débuté en 2025 dans les secteurs privé et public, soit un recul de 5 % par rapport à 2024. Au 31 décembre 2025, 1 017 500 contrats étaient encore en cours, en baisse de 3 % sur un an. Ce retournement met fin à une dynamique quasi continue depuis le début des années 2020, portée jusque-là par des aides à l'embauche généreuses.
Le repli n’est pas homogène selon le niveau d’études. Dans l’enseignement supérieur, les entrées chutent de 7,8 %, avec 497 916 contrats recensés, alors que le secondaire résiste mieux avec 306 300 contrats, en baisse limitée de 1,4 %. Les formations post-bac, plus coûteuses pour les employeurs, semblent les premières concernées par le ralentissement.
Pourquoi les entreprises freinent
Deux facteurs principaux expliquent ce coup d’arrêt. D’une part, la réduction progressive des aides à l'embauche mise en place par l’État depuis 2025, qui met fin à l’effet dopant des années précédentes. D’autre part, un marché du travail moins porteur pour les jeunes candidats, qui rend certaines entreprises plus prudentes avant de s’engager sur un contrat d’apprentissage. Pour compenser une partie de ce coût, de nombreux employeurs se tournent aussi vers d’autres formes d'emploi, comme le portage salarial, plus souple pour tester une collaboration sans passer par un contrat long.
Le gouvernement assume ce recentrage budgétaire : l’objectif affiché est d’économiser environ 200 millions d’euros en 2026, et jusqu’à 700 millions d’euros d’ici la fin 2027, sur l’ensemble des dispositifs de soutien à l’apprentissage.
Ce que touchent encore les entreprises en 2026
Les aides n’ont pas disparu, mais elles sont désormais plus ciblées. L’aide unique reste fixée à un maximum de 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés recrutant un apprenti préparant un diplôme jusqu’au niveau baccalauréat. Elle grimpe à 6 000 € lorsque l’apprenti est en situation de handicap, quelle que soit la taille de l’entreprise ou le niveau de diplôme visé.
Une aide exceptionnelle complète ce dispositif pour les contrats conclus entre le 8 mars 2026 et le 1er janvier 2027, avec un plafond de 4 500 €. Son montant varie désormais selon la taille de l’entreprise et le niveau d’études préparé, contrairement aux versions précédentes plus uniformes.
- 846 700 contrats débutés en 2025, soit -5 % sur un an
- -7,8 % dans le supérieur, -1,4 % dans le secondaire
- Aide unique : jusqu’à 5 000 €, ou 6 000 € pour un apprenti en situation de handicap
- Aide exceptionnelle : jusqu’à 4 500 € pour les contrats signés avant le 1er janvier 2027
Quelles conséquences pour les candidats à l’apprentissage
Pour les jeunes en recherche d’un contrat, la prudence des employeurs se traduit par une sélection plus stricte des candidatures, en particulier dans le supérieur. Il devient d’autant plus utile de bien préparer son dossier et de multiplier les pistes de financement complémentaires, à l’image du Compte personnel de formation, qui peut compléter un parcours d’apprentissage par des modules courts. Du côté des entreprises, l’enjeu est de bien anticiper les démarches administratives pour sécuriser l’aide à l'embauche d’un apprenti avant la signature du contrat, les critères d’éligibilité s’étant resserrés.
Les acteurs du secteur restent toutefois prudents sur la lecture de ces chiffres : une baisse après une décennie de forte croissance ne signifie pas nécessairement un désengagement durable des entreprises, mais plutôt un retour à un rythme plus soutenable une fois les aides exceptionnelles retirées.
Questions fréquentes
Pourquoi le nombre de contrats d’apprentissage baisse-t-il en 2025 ?
La baisse de 5 % s’explique principalement par la réduction progressive des aides à l'embauche versées aux entreprises et par un marché du travail moins favorable aux jeunes candidats, après plusieurs années de forte croissance soutenue par des dispositifs plus généreux.
Les aides à l'embauche d’un apprenti existent-elles encore en 2026 ?
Oui, mais elles sont plus ciblées : l’aide unique reste plafonnée à 5 000 € (6 000 € pour un apprenti en situation de handicap), et une aide exceptionnelle allant jusqu’à 4 500 € s’applique aux contrats conclus entre mars 2026 et janvier 2027.
Tous les niveaux d’études sont-ils touchés de la même façon ?
Non. L’enseignement supérieur enregistre le repli le plus marqué, avec -7,8 % d’entrées, tandis que le secondaire résiste mieux avec une baisse limitée à -1,4 %.
Sources
News Tank Éducation & Recherche —
Culture RH —
La Dépêche
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
